''Les ténèbres de Glasgow'' est un forum de jeu de rôle, inspiré du jeu ©Vampire : la Mascarade de White Wolf (3ème ed.).
Le jeu se déroule de nos jours, dans la ville de Glasgow.
 
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 Boys don't cry

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Tobias Abraham

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MessageSujet: Boys don't cry   Jeu 23 Fév - 0:45

La porte s'ouvrit dans un grand fracas, Tobias se trouvait dans un couloir d'appartement qui n'était pas vraiment miteux, mais qui était sacrément dégradé par les habitants d'ici, les habitants, peut-être même les squatteurs ! Il se sentait enfin libre, mais en insécurité complète. Tobias marcha lentement dans les couloirs, de peur de heurter quelqu'un qu'il aura pris pour un sac poubelle il n'avait qu'une envie, c'était de retourner dans ses pénates, dans son appartement, appeler n'importe qui, sa famille, ses amis, un professeur, le service des éboueurs de son quartier... mais son portable s'était éteint. C'est ainsi qu'il ne savait pas quel jour il était, ni même l'heure, mais à en juger par l'absence de faisceau de lumière de derrière les barricades aux fenêtres, il faisait nuit, et s'il n'avait pas dormi deux jours de suite, cela faisait une semaine qu'il était ici. Il se souvenait tout juste d'être à Glascow, mais n'avait en mémoire qu'avant d'avoir été agressé et séquestré par cette fille qu'il était à une fête. Quelques lumières clignotaient dans ce couloir grisâtre, une bande verte recouvrait chaque mur, comme pour embellir l'espace mais ça ne servait pas à grand chose, au vu des tas d'immondices sur le sol. Il refréna ses envies de dire "Il y a quelqu'un ?" car finalement, au bout de quelques secondes de réflexion, il n'avait pas vraiment envie de tomber sur un des résidents du coin. Ce qu'il fallait pour lui c'était sortir d'ici et trouver un policier, lui expliquer qu'il a probablement été signalé disparu et ainsi rassurer tout le monde, il était persuadé que sa mère avait appelé un détective privé, oh non, une armée de détective privée pour le retrouver, peut-être même, et le pire de tout, que sa mère ait fait le déplacement pour le retrouver en personne ! Enfin, cela ne pouvait se faire que s'il avait manqué son appel hebdomadaire, il espérait de tout coeur ne pas l'avoir raté, il n'avait aucune envie, pour une fois qu'il faisait ses études sans membre de sa famille pour le surveiller de montrer à sa mère qu'il était encore une petite bestiole fragile, non, et c'était pour cela qu'il se pressa. Il ne faisait plus attention aux boites de pizza égarées, aux sacs plastiques embourbés dans des substances inconnues, il courrait, affolé et désorienté dans les couloirs, sa main tâtant les murs pour trouver ce qui s'apparentait à des portes d'ascenseur.

Tobias murmurait en français ses derniers souvenirs précédant sa venue :

"La fête, Simon, alcool, Simon, Aïcha, Aïcha... fille... venue en Ecosse pour... touriste ? Touriste ici ? Mpf..."

Il se frottait le visage et poussa un léger gémissement. Malgré ses lunettes, sa vision était vacillante, comme si elle était étonnée de voir enfin autre chose que l'appartement de cette Aïcha. Il fronça les sourcils et plissa un peu les yeux pour distinguer un peu plus nettement ce qu'il y avait devant lui mais n'y arrivait pas trop, car c'était un endroit dont il n'avait pas l'habitude, autant cet endroit en lui-même que ce type d'endroit, de traîner. Alors il progressait à tâtons, encore et encore.
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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Ven 24 Fév - 0:38

Les couloirs du bâtiment miteux ne semblaient pas avoir de fin, à droite, à gauche, encore à gauche pour arriver dans un cul de sac avec une fenêtre barricadée pour seule échappatoire. Une musique sèche et brutale parvient jusqu'au couloir, faisant vibrer les murs au rythme des basses. Devant la fenêtre, une voix rauque aux accents moqueurs semble sortir de nulle part, comme si les sons ambiant c’était mué en un bruissement plus audible.

Tu n'as qu'à sauter !

En passant devant plusieurs portes, des sons s'insinuent jusque dans le couloir, rampant contre les murs et les portes. Comme s'ils étaient doués d'une vie propre, ils agressent tes sens, comme s'ils se propageaient directement à l’intérieur de ta tête en s'y amplifiant. Des mots semblent presque raisonner à l'infini alors que ton angoisse s'accentue.

Toujours les mêmes couloirs, les mêmes immondices et les bruits qui s’enchaînent en une litanie de fond brutale. Alors qu'à tâtons tu cherches toujours une sortie à cet immeuble qui te fait office de dédale, tu te sens observés. Ton cœur s’emballe, ta respiration se fait courte et le poids sur ta nuque devient plus lourd encore.


Tu es sûr ?

Cette fois c’était différent, bien que l'intonation soit moqueuse, la question avait un vrai fondement. Un souffle balaye le couloir, faisant remuer quelques sacs plastiques dont le bruit te vrille les tympans. Tu cours dans le sens opposés, espérant semer les bruits, la voix et la personne qui te suit. À force de courir dans tous les sens, tu finis par tomber sur une porte ouverte donnant sur un escalier plongé dans le noir le plus complet.

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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Ven 24 Fév - 23:50

Les voix et le désordre l'avaient finalement repoussait de l'autre côté du couloir. Tobias se retrouvait devant le vide béant de l'escalier noir. Il n'y voyait rien, mais ce rien, paradoxalement, lui évoquait quelque-chose : la noirceur qui le gagnait, cette étrange corruption qu'il sentait progresser à chaque seconde en lui et ce depuis qu'Aïcha lui avait adressé la parole. Cette noirceur lui rappelait alors ses yeux qu'il avait pu voir en la regardant pendant toute la soirée, il les avait d'ailleurs trouvés étrangement envoûtants, ils étaient si attirants. Elle lui parlait, il entendait mais n'écoutait pas, il était déjà tombé dans ces deux gouffres béants qui l'avaient aspiré. Il se posait alors cette question : allait-il retourné parmi dans le noir, semblable aux trous infernaux de cette fille damnée qui l'avait entraîné avec elle ? Il regarda l'autre issue, quelques secondes, il n'avait pas envie de revivre ces sons, il préférait vivre quelques instants dans ce vide qui lui semblait étrangement bien plus protecteur. Il devait alors traverser cette zone de damnation, elle était la seule issue possible pour atteindre la liberté. Il regardait une dernière fois ce couloir faiblement éclairé, sinueux, avant de progresser dans l'escalier. Il posa un pied, puis l'autre et prit une grande inspiration. Ses pieds baignaient à présent dans le noir le plus complet, il y distinguait à peine ses chaussures, il lui semblait alors que ce noir recouvrant l'escalier avait une forme de mare, en effet, il y avait une frontière nette, quasi horizontale, entre le faiblement éclairé et l'éclairage totalement absent. Il devait donc plonger dans ce noir total, ou rien n'était apercevable par les sens de Tobias. Il descendait, peu à peu les marches, très craintifs. Il lança en anglais :

"Il y a quelqu'un ?"

Mais personne ne répondait, la crainte de Tobias pour l'obscurité ne s'était pas éteinte pour autant, car s'il y avait quelqu'un dans cet escalier, elle ne voulait probablement pas que cela se sache. C'est ainsi que Tobias entre de plus en plus dans l'escalier. A présent noyé de d'obscurité, il s'aventurait à tâtons, de marche en marche. Il voulait faire le moins de bruit possible, pourvu qu'il n'y avait personne pour l'entendre respirer. Son binder le compressait de plus en plus. Il voulait l'enlever, face à l'inconfort croissant, mais pensa à sa sécurité, le temps passé à l'enlever, ce serait du temps où il serait incapable de se défendre ou fuir. Il plongea par réflexe sa main dans sa veste et toucha un objet dur contre la paroi de sa poche : sa montre à gousset. Il lâcha en allemand alors, pensant à cet aïeul d'où venait sa montre :

"Merde !"

Et ferma sa bouche aussitôt, yeux grands ouverts. Non, rien n'avait bougé, aucun son, si ce n'était les échos faiblissant de sa voix. Tobias mordit son index, s'en voulant d'avoir crié, mais une intense douleur se fit sentir. Il retira son doigt, en sang, ou alors plein de salive mais c'était peu probable. Il murmura en français :

"Quel con..."

Avant de continuer. Soudain, il marcha sur quelque-chose qui ressemblait à un gros fil, il entendait des gémissements, il ouvrit en grand la bouche mais ne dit rien. Ces gémissements étaient hyper aiguës. C'était une souris, ou un rat. Il ne la relâchait pas par réflexe, cela l'étonnait, il eut juste un raclement de gorge. Il avait étonnement soif et, comme guidé par un instinct prédateur, il ne libéra pas la bestiole, il se pencha pour la ramasser, il ne leva son pied qu'au moment où il était sûr de l'avoir entre ses mains. Il lui écarta les pattes, la bestiole couinait, son ventre était à la merci de Tobias qui entrouvrait les lèvres avant de se reprendre : mais qu'était-il en train de faire ? Il lança le rongeur à travers l'escalier et paniqua un peu plus. Mais pourquoi avait-il eu besoin de faire ça ? Il progressa peu à peu dans la cage d'escalier, paniqué à présent, craignant les autres, mais aussi lui-même.
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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Mer 1 Mar - 22:21

Les ombres peuvent cacher bien des choses, mais elles ne peuvent dissimuler les odeurs et les bruits de ce qui s'y trouve. Une odeur d'humidité sale se dégage des murs dont le suintement est palpable au toucher. Quelques morceaux de peinture ou de tapisserie délabrée s'accrochent aux doigts de toute personne y posant la main. Des couinements et des crissements trahissent la présence d'une faune disparate. De petits chocs précipités appartiennent sans doute à quelques représentants de la famille des rongeurs. Pour les grattements, ils appartiennent, à n'en pas douter, à des cafards, des blattes ou tout autre insecte du même acabit.

L'odeur du sang versé se mêle aux autres bien moins agréables, évoluant autour de toi comme un nuage épais. Cette odeur habituelle de ferraille se tinte pourtant d'une nuance indescriptible, mais pleine de promesse. Dans le même moment, quelque chose semble remuer et grogner dans l'obscurité ambiante et tu peux presque entendre cette chose se mouvoir lentement, comme si tu venais d’interrompre son sommeil.

hm... faim...

Ta gorge se serre en réponse à ce mot, il te semble qu'elle est sèche et pourtant l'air est très humide. Le rat est maintenant trop loin pour être utile à cette situation. La musique est bien moins présente dans la cage d'escalier, elle est remplacée par des bruits de canalisation glougloutante et de néon défectueux. Une légère lumière clignotante fait son apparition dans l'obscurité, indiquant le premier étage.

Pas au point de manger des rats !

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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Sam 4 Mar - 23:39

Sa veste trempée par l'humidité du bâtiment était recouverte de poussières de peintures, de bribes de tapisseries arrachées par mégarde ou tout simplement tombées sur lui. Les voix semblaient résonner de l'intérieur, il ne savait plus si ce qui lui parlait était là, en train de l'épier ou dans sa tête, et à l'entente de ce qu'elle avait à lui dire, il ne savait que penser, si la deuxième hypothèse était vraiment préférable à la première. Le stress intense avait fini par pallier par pallier l'adrénaline. Les jambes de Tobias se mirent à trembloter de plus en plus au fur et à mesure qu'il progressait dans sa descente. L'odeur de sang excitait ses sens, sa langue sortait par moment, au début pour caresser le début de ses lèvres puis comme s'il voulait "capter" l'air, comme si sa langue agissait comme un filtre ou comme un aspirateur capable d'attirer ces particules sanguines. Ses yeux s'agitèrent, il se demanda pourquoi il avait jeté ce rongeur, il lui venait en tête alors des images de lui, éviscérant ce rat, le tordant pour en extraire le jus, les entrailles, lui arracher ses tripes avec ses dents jusqu'à ce que ce rat soit vidé de tous ses petits globules qui lui étaient à présent très précieux. Il aurait alors broyé le rat, de rage que tout soit déjà vide et il en aurait repris un. Ces images qui lui parcouraient la tête telles des flashs le déstabilisaient de plus en plus. Les voix n'étaient pas encore là à lui parler, mais le bourdonnement subsistait, la nausée s'ajoutait à la peur.
La peur de cette forme mouvante aurait dû le transpercer de part en part, le clouer sur place, mais rien n'y faisait, il préférait se dire que son imaginaire était devenu indépendant sous le coup de la terreur, et lui fait voir des formes qui n'étaient pas, des mouvements qui n'étaient pas. Alors, quand il vit la lumière, faible lumière de cet indicateur du premier étage, il alla se réfugier en-dessous de cette faible lumière clignotante, tentant de voir à travers elle si une forme le suivait. Il jeta en anglais :

"Eh ? S-s-s'il vous plaît ? Je...

Alors un sanglot vint.

"Je... écoutez, si quelqu'un me touche je... mes parents sont sûrement en train de se demander ce qu'il se passe et... s'il m'arrive quelque-chose ils sauront bien que je suis là, ils y arriveront, ils ont les moyens de le savoir et quand ils découvriront ce qu'il s'est passé ils vous retrouveront, ils y arriveront, une armée de détective privée sera à ma recherche et à la tienne aussi. Ça ne sert à rien de se défouler sur moi et courir ce risque... Par pitié !"

Alors il se rendit compte que ces paroles n'avaient pas été prononcées pour une quelconque personne se trouvant autour de lui, pour se donner du courage. Ses lèvres remuèrent de nouveau pour murmurer des prières en hébreu, il ne le comprenait pas très bien, mais il les avait apprises par cœur. Ainsi, il pensait à sa mère qui les lui avait enseignées, puis à son grand-père Aaron, pour se donner un semblant d'espoir pour continuer à se battre contre l'obscurité, à ces voix, à ces formes, à ces odeurs et à ces pensées qui le tourmentaient.
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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Mar 7 Mar - 19:54

Oui ?

Un mouvement lent, presque lascif déclenche un chuintement doux dans les ombres de l'escalier. Le son que cela provoque n’est pas sans rappeler le bruissement des écailles d'un serpent s'enroulant sur lui-même. L’éclairage alternatif du néon défectueux ne permet pas de percer le mystère des ombres et rend la scène d'autant plus inquiétante. Si quelqu'un ou quelque chose se trouve à proximité, il ne sera visible que quelques instants et dans un périmètre proche de la porte du premier étage.

Les mots que tu prononces se répercutent dans la cage d'escalier, créant un écho déformé qui s'enfuit dans les étages supérieurs. La seule chose qui te répond est le cliquetis du néon au-dessus de ta tête et ta respiration sifflante. Ce sont d'ailleurs les seuls sons que tu peux entendre distinctement tellement ils sont prégnants.

Perdu dans le halo de lumière clignotant au milieu des ombres, la suite des escaliers te semble bien plus sombre qu'avant. La lumière froide que dispense le néon par intermittence te donne l'impression que tout est gris, sale.

Bouge !

Le mot perce les ténèbres et claque comme un coup de fouet, il n'appelle à aucune récrimination, à aucune objection. Quelque chose te pousse à vouloir obéir à cet ordre, même si reprendre l'escalier n'a rien d'engageant.

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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Ven 10 Mar - 23:25

Ce qui lui parlait ne lui semblait finalement pas intéressé par le simple fait de ne pas être ennuyé par une armée de détective privée. Cela le troublait au plus haut point, l'individu qui était là n'avait plus rien à perdre ou alors il avait les moyens de pallier cette armée. Les ombres dansaient, imitant une danse serpentine. Tobias était étrangement charmé par ce serpent de l'ombre, et la voix, asséné comme un coup de fouet, brisant alors sa concentration dans ses prières, le poussa de nouveau à contempler cette danse des ombres. Alors, cette séduction ténèbres passait à une fascination, la situation quasi-catatonique avait laissé place à la nécessité du mouvement. Il avança vers le serpent, abandonnant ses prières, il ne voulait pas du tout y aller, du moins il sentait que c'était bien lui qui ne voulait pas y aller, mais il avait la sensation d'un autre qui poussait son corps à agir, comme si quelque-chose d'au-dessus, rien que par la voix, le contraignait à agir. Ainsi, sa main toucha le mur effrité tandis que l'autre caressait la rampe de l'escalier, ses doigts parcouraient des gravures dessus, quelques coeurs, quelques couteaux, un ou deux bonhommes de fils de fer, des insultes gravées dans une orthographe approximative. Il avait alors l'impression que le néon venait de projeter une lumière plus forte, le temps d'un clignement d'oeil, portant son ombre sur le mur en face de lui. Il avançait à un rythme de pas assuré, mais son allure ne l'était pas, il tremblait de partout. Il se mit à chercher des raisons, cette descente d'escalier, cette voix impérieuse qui lui dictait avec une puissance incommensurable ses actes, n'était-ce pas là une mise à l'épreuve divine ? Il posa sa main contre sa tête, enfin, là ? Une épreuve, ici, dans ce noir crasseux, sans la majesté divine, sans cette fascination céleste ? Mais l'épreuve n'avait pas besoin d'être magnifique pour être celle d'une force supérieure, il suffisait juste qu'elle renvoie Tobias à sa condition, celle d'un homme médiocre. Il fallait donc rester fort, cette idée permit à Tobias de gonfler sa poitrine malgré la pression de son binder et d'avancer, avec une montée en confiance somme toute relative, une assurance minimale, celle issue de la certitude qu'il y avait un chemin à prendre qui lui assurerait le salut, au prix d'un sérieux coup dans son ego. Il souffla un bon coup, tournant dans l'escalier qui lui paraissait sans fin, malgré un seul étage à passer. La main contre le mur arracha par mégarde une grande surface de peinture qui tomba sur Tobias. Il donna un coup de coude dedans, surpris et sauta en avant pour se réceptionner sur la rampe, il jeta un regard en arrière, croyant s'être fait touché par quelque-chose, et hurla en français :

"Qu'est-ce ? Montrez-vous !"

Avant de se reprendre en anglais :

"Montez-vous !"

Il prononçait ces mots tout en reculant, persuadé que s'il y avait une menace, et il était sûr de la présence de cette menace, elle serait derrière lui, en train de l'épier, de le suivre, ricanant, se jouant de lui. Ses pieds touchèrent à présent une surface qui n'appelait plus à être succédé par des marches, il venait enfin de descendre l'escalier. Il sauta, en alerte, sa tête se tournait à une vitesse fulgurante autour de lui, à la recherche du moindre signe reconnaissable d'une porte menant vers l'extérieur, au moins d'un couloir permettant de l'y conduire et de s'échapper de ce bâtiment maudit.
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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Mer 15 Mar - 0:45

Les ombres, tel un piège, se referment autour de toi quand tu finis par descendre la suite de marche qui mènent à l’étage inférieur. La lumière fluctuante du néon finit par disparaître après avoir lancé un dernier flash lumineux, sans doute a-t-il fini par griller. Tes pensées défilent bien vite dans ta tête pendant que tu t'aventures toujours plus bas et soudain, tu prends conscience que tu entends le rire sardonique que tu attendais. Quelqu'un semble effectivement se moquer de toi depuis les ombres. Le bruit à des accents rêches, comme la voix qui semble te suivre depuis le début de la soirée. D'ailleurs, quand tu hausses la voix, rien ne te répond en dehors de ce bruit qui se renforce un peu plus.

Dans un silence relatif, les craquements et le glouglou des canalisations se faisant toujours entendre par-dessus le rire crissant, tes pieds t'avertissent de la présence de murs tout autour de toi. Les ténèbres ne sont plus les seuls à vouloir t'aspirer, les murs s'y mettent aussi pour faire de toi leur prisonnier. Aucune porte ne semble être à porté, ni aucun couloir et la panique t’envahit peut à petit.

Si tu ne te décides pas, je vais finir par m'en occuper moi-même !

La tête te tourne sous l'impact des mots que vient de prononcer cette voix sèche. Elle semble ne te laisser aucun choix, augmentant ton impression d'urgence. Au moment où tu tournes la tête, tu aperçois une lumière très faible qui filtre de l'un des murs, heureusement que tes yeux se sont habitués à l'obscurité.

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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Dim 19 Mar - 23:55

Chaque mot prononcé, chaque syllabe lancée par cette voix tétanisait Tobias, le temps que le son ait fini de se répandre dans ses tympans. Son corps faillit, il trébucha, seule une main touchant le mur le rappela à la réalité et il se rattrapa avant de finir couché contre le sol. Il se releva donc rapidement et réajusta ses lunettes, il put voir alors de faibles rayons de lumières percer, pourfendre l'obscurité comme dernier espoir de cet homme qui se sentait abandonné. Il se jeta alors sur ces rayons mais s'aperçut qu'ils ne résultaient que de trous dans le mur. Il criait de peur, espérant que quelqu'un puisse l'aider. Il sentait les murs se rapprocher de lui, comme doués d'une conscience propre, comme prêts à l'étouffer, lui exploser tous ses membres avant qu'il ne puisse mourir dans de longues plaintes de souffrance, alors ce qui voulait sa perte, cette voix qui résonnait, aurait gagné, et il échouerait ici, entre quatre murs crasseux. Il ne voulait pas de ça, ses mains se serrèrent et il frappa à plusieurs reprises contre le mur, par désespoir, et ses cris de peur se transformèrent en cris de colère. Ses mains s'abattaient contre le mur, dans un geste désespéré, dans les râles d'une créature suppliciée, il aurait pu prier mais non, à quoi bon, cela n'avait plus aucune incidence, cela n'aurait rien arrangé. Et par sa main le rayon de lumière s'agrandit, il pourfendit les ténèbres comme une armée salvatrice, les bribes de lumières s'assemblaient en faisceaux et écartaient les ténèbres, les murs s'en retrouvaient alors moins effrayants et la crasse qu'entourait Tobias n'avait plus rien de menaçant, était alors renvoyée à sa réalité. Le mur fragile, cédait sous les coups répétés de Tobias, la vétusté de l'immeuble se mettait à jour sous la violence de ses poings, sous l'intensité de l'envie de sortir des ténèbres, de ne pas s'évanouir dans le néant, attrapé par une quelconque créature vicieuse. Les illusions s'abattaient une par une devant l'espoir que conféré les rayons que libérait Tobias et c'est tout son corps entier que traversait finalement ce mur fragile et Tobias entra dans la lumière, subjugué par celle-ci. Alors, il tomba à genoux, incliné devant tant d'efforts fournis, ses nerfs venaient de lâcher, qu'importe finalement qu'il ait réussi ou que cette échappatoire n'était qu'une illusion. Pourvu que cela soit suffisant, pensa-t-il. Il ne voyait pas la lumière, il avait fermé les yeux, mais il sentait qu'elle l'irradiait de toute part.
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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Jeu 23 Mar - 23:13

Au fur et à mesure de tes coups, ce que tu prenais pour un mur se disloque en émettant des bruits de bois mouillé. Quelques échardes percent ta peau au niveau de tes jointures, faisant couler un filet carmin sur tes poings. La porte finit par céder, mais tes mains en gardent le souvenir, la peau ayant éclatée par endroit. Tu tombes à genoux dans une petite ruelle dont un lampadaire proche éclaire les façades délabrés des immeubles environnants.

Enfin !

Ton esprit te semble comme libéré d'un cauchemar maintenant que tu te trouves dehors et que la lumière t'environne. Le poids qui pesait sur toi s'est envolé et tu as l'impression d’être aussi léger qu'une plume. Pourtant, la voix te parvient toujours alors que tu ne peux qu'être seule. D'ailleurs, tu te rends compte que plus tu l’écoutes, plus tu l'entends, comme si lui prêter l'oreille la rendait plus forte.

Une nouvelle salve de rire se déclenche, le ton est moqueur, mais aussi presque affectueux. Le poids qui vient de quitter tes épaules recommence à peser sur toi, bien que l'effet soit bien moins prenant. Extérieurement, il n'y a rien, ni personne et pourtant, tu as l'impression que quelque chose commence à t'enserrer, comme quelqu'un qui t’étreindrait de force.

HRP :
 

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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Dim 26 Mar - 21:38

De là

Hadrien courut tout le long du trajet jusqu'à l'adresse en question. N'ayant pas de moyen de transport et n'aimant pas les transports en commun, la course était devenue nécessaire pour se mouvoir. Ne pas respirer avait son avantage, il ne s'essoufflait plus, ne transpirait plus et pouvait donc courir pendant des heures sans aucune gêne. Il s'appliquait juste à continuer de faire illusion avec sa respiration, surtout en plein hiver, pour qu'un petit nuage de buée sorte de sa bouche à intervalle régulier.

Il ralentit finalement en arrivant dans la rue dont son sire avait prit soin de lui envoyer le nom. Le Malkavian leva les yeux et essaya de repérer le numéro du bâtiment ou habitait la personne qui possédait le fameux colis qu'il devait récupérer. Tout en continuant de chercher, il se demandait pourquoi c'était à lui de faire ça et pourquoi son sire ne s'était pas bougé le cul pour venir lui-même le récupérer. Le jeune vampire laissa son esprit divaguer encore quelques instants, réfléchissant au pourquoi du comment de cette course. Un test ? Une blague ? Une punition ? Toutes les solutions étaient valables et le pauvre Hadrien n'y voyait pas plus clair.

Soudain il leva la tête en entendant une sorte de fracas. Des coups portés à une porte sûrement. Mais qu'avait donc fait cette pauvre porte pour mériter un tel traitement. Hadrien hésita à s'approcher, après tout, ce n'était pas ces affaires. Il avait une mission précise et il souhaitait rentrer chez lui le plus vite possible. Mais la curiosité le titilla un peu … juste un très court instant avant que finalement il se ravise. C'était une mauvaise idée.

Il continua à avancer cherchant son bâtiment quand les coups cessèrent dans un dernier craquement. Manque de chance, il était obligé d'aller dans la direction du bruit. Il n'avait toujours pas trouvé la maison qu'il cherchait. Et si il faisait demi-tour ? Après tout il avait le droit de c'être perdu ... Mais l'image de son sire en colère le poussa à continuer. Il essaya de se faire discret, mais son costume trois pièces ne l'aidaient pas à passer inaperçu dans ce quartier un peu délabré. Qu'est-ce qu'il pouvait regretter sa capuche ...

Ses pas le guidèrent finalement à proximité de la source du bruit et il vit quelqu'un agenouillé par terre. Hadrien s'arrêta, examinant la situation. Il n'osait pas s'approcher, se n'était vraiment pas ses affaires, mais continuer d'avancer et mettre cette menace potentielle dans son dos, ne l'enchantait guère. Il resta donc planté dans son joli costume au milieu de la rue fixant d'un air dubitatif la personne au sol.

"Euh ... ça va ?"

HRP:
 

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Apparence : 4 ; Signe particulier : Yeux vairons / Fort accent français

Tenue de Hadrien:
 

William:
 
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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Dim 2 Avr - 22:57

L'étudiant après quelques soupirs, sentit ce poids se soulever, s'échapper. Il leva là tête et dès qu'il s'aperçut qu'il était enfin sorti, que plus rien ne lui arriverait de grave, un regain d'énergie le traversa de part en part, en même temps que la lumière du dehors qui auparavant lui paraissait si insuffisante mais avait à présent l'aspect d'un refuge pour lui. Ses zygomatiques s'actionnèrent en tout sens, pas vraiment pour sourire, juste pour le plaisir d'exprimer autre chose de l'effroi. Il sentait à présent libre de toutes contraintes, même son propre poids ne lui pesait plus. Ses expressions se stagnèrent en un large sourire sur son visage, ses yeux étincelaient à la lanterne, son oeil droit émit une larme de joie. C'était sans compter sur cette voix qui le rappela tout de suite à la réalité. Son regard balayait la rue, il n'y avait pas beaucoup de gens, du moins personne qui avait l'air de lui parler. Alors il jeta sa tête en arrière. Il ne distinguait rien dans les ténèbres, personne ne semblait à portée pour lui parler. Il tentait de percevoir l'origine des bruits mais rien, c'était comme si elles venaient directement de sa tête. Il fronçait les sourcils et se pencha en avant, quand la soudaineté d'un rire lui traversa les tympans. Ce rire, pensait-il, était du même acabit que cette voix qui le tourmentait depuis le début, depuis la sortie de l'appartement d'Aïcha. Alors, cette pression qui pesait sur lui revint, comme si tout cela n'avait servi à rien, toute cette lutte, et qu'à présent, la torture par une fausse espérance serait son seul supplice. Ses mâchoires se crispaient, sa tête tournait à présent.
Puis, enfin, le poids qu'il avait sur la poitrine l'enserrait, il pensait d'abord à son binder qui l'étouffait, mais il ne put le vérifier : il n'osait bouger, par peur, il était tétanisé. Son regard rempli de frayeur était dressé vers la pénombre de l'immeuble maudit. Une autre voix enfin arriva à ses oreilles. Une question, qui ne lui paraissait ni véritablement amical ni véritablement hostile non plus. Tobias ne put répondre que dans une plainte étouffée:

"Aidez-moi, s'il vous plaît !"

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Hadrien Chevalier

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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Ven 7 Avr - 22:27

Hadrien n'était pas quelqu'un de confiant, et cette personne au milieu de la rue ne l'inspirait vraiment pas. Il prit le temps de réfléchir et de se poser quelques minutes avant de prendre une décision. Il observa les alentours attentivement, avant de finalement faire un pas en avant. Le Malkavian n'avait pas remarqué de danger immédiat. Dans ce genre de situation, il savait quasiment tout le temps si quelque chose de mauvais allait lui tomber dessus. Il ne savait pas si c'était dû à une sorte de 6e sens ou que pour une fois son hyper-vigilance lui servait à quelque chose, mais cela lui était bien égal du moment ou ses pressentiments lui permettait de voir les ennuies venir.

Restant à une bonne distance de l'homme au sol, Hadrien s'adressa à lui, glissant tout de même sa main dans son dos au niveau de son couteau, soulevant sa veste légèrement au cas où, malgré tout, il se fasse attaquer.

« Qu'est-ce qu'il se passe … ? »

Le jeune vampire n'arrivait pas à déchiffrer correctement le comportement du paumé. Il ne paraissait pas très en forme, mais Hadrien n'arrivait pas à saisir ce qu'il clochait avec cette personne. Il n'avait qu'une envie, c'était de le laisser là ou il était et de continuer sa mission. Mais maintenant qu'il lui avait adressé la parole, il était mal à l'aise de le laisser planté là.
Hadrien leva les yeux au ciel, décidément sa soirée allé de mal en pis. Après la commission pour son sire, il se retrouvait empêtré d'un humain … Bon pour voir le bon côté des choses … si ce dernier n'était finalement pas très coopératif, il pourrait toujours le mordre et le laisser dans un coin.

Pour être sûr de ne pas faire d'erreur en s'occupant du garçon au sol, il décida de scruter l'aura de son interlocuteur pour voir ce qu'il ressentait.

« Putain de merde ! ... » [en français]

Hadrien ne cacha pas sa surprise en remarquant la couleur pâle de l'aura qu'il observait. Cette dernière le cloua sur place et il ne prêta pas plus d'attention que cela aux sentiments du garçon, l'information principale étant déjà des plus surprenante. Il s'attendait à tout sauf à ça. Mais le fait d'avoir un vampire en face de lui ne le rassura pas pour autant. Était-ce une technique de chasse ? Où était-il vraiment en difficulté ?

« Okay … Je sais ce que tu es, alors n'essaie pas de m'avoir. Je te laisse le bénéfice du doute … et je veux bien t'aider. Mais au moindre faux pas … tu le regretteras ! Compris ? »

Hadrien s'approcha franchement lui tendant la main droite pour l'aider à se lever, laissant la gauche dans son dos près de son couteau.

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Tobias Abraham

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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Lun 17 Avr - 0:23

Le garçon à terre regarda péniblement l'origine de la voix, qui était à ses côtés, la personne à qui il venait de s'adresser. Il se sentait alors menacé, mais aussi pitoyable, de se rendre compte qu'étant dehors, sa condition était montrée à tous ceux qui se trouvait dans la rue. Son supplice ne se déroulait plus dans l'intimité d'un bâtiment squatté par quelques junkies psychotiques, mais se passait à la vue de tous à présent : le supplice s'était transformé en humiliation. Tobias n'était plus torturé uniquement par cette force irrésistible qui le pourchassait mais cette douleur se faisait plus prégnante pour lui maintenant car elle se faisait aux yeux de tous. Ainsi, il voyait la finalité de cette douleur comme une atteinte à sa fierté, cette fierté que lui avait inculqué sa mère, fierté qu'il devait toujours maintenir dans l'adversité. Tobias alors, vit l'homme devant ses yeux. Il ne faisait pas attention à son allure, en fait, c'était comme si Tobias n'avait plus ses lunettes, ce n'était pas qu'il ne voyait pas l'homme, mais il était tellement pris dans la détresse qu'il fut brun, blond, gros, maigre, gigantesque ou minuscule, que cela n'aurait pas eu d'impact sur la perception que Tobias avait de lui. Il n'eut qu'une phrase peu articulée en anglais :

"... séquestré... poursuivi... frappé et frappé ce putain de mur pour pouvoir sortir !"

Puis la fatigue des mâchoires prit le dessus. Alors il laissa échapper quelques sanglots et murmura un :

"Merde..."

Il ne se rendit même pas compte que l'homme en face de lui venait de jurer dans sa langue paternelle. Il ne faisait que se demander pourquoi cet homme était là, qui était-il ? Un habitué de ce bâtiment maudit ? De cette rue ? Un simple passant qui par pure coïncidence traversait cette rue au moment même où il brisait ce mur ? Son esprit était embrumé par la fatigue et ces questions se décomposèrent en plusieurs autres, en différentes conjonctures qui finissaient par s'évanouir, remplacées par d'autres ou tout simplement réfutées. Quand il s'adressa de nouveau à lui, ce qui le frappa était le "je sais ce que tu es". Ses yeux alors s'agrandirent de surprise. L'homme qui était devant lui était alors son sauveur, mais "ce qu'il était" semblait être un facteur de méfiance. Des bribes de souvenirs apparurent dans le flux discontinu de ses pensées fuyantes. Les moqueries, la méfiance des autres quand il était collégien alors remontait à la surface, il se sentait dépersonnalisé, plus vraiment humain mais comme une chose. Alors, quand l'homme en face de lui tendit sa main, il l'attrapa faiblement : à cause de la fatigue bien sûr, mais aussi avec la méfiance qui l'accompagnait. Au final, s'il se conduisait bien, il espérait avoir la vie sauve cette nuit. Enfin, il accepta cet homme comme son sauveur et tenta fébrilement de se lever, accompagnant ce geste d'un début de remerciement en yiddish qu'il interrompit, repensant aux moqueries de ses camarades de collège sur ses origines ashkénazes. Il bredouilla alors un :

"Merci beaucoup."

Alors, ses jambes, malgré le poids qui restait sur lui, grâce à l'appui, purent le hisser, et le remettre debout. Tout son corps était en train de trembler. Son bras gauche s'enroulait autour de son corps et sa main réajusta ses lunettes. Il ne se tenait pas droit, ses jambes étaient arquées, flageolantes et il avait un aspect encore plus frêle que d'habitude. Et, même si cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas entendu la voix qui le pourchassait, il ne se sentait pas pour autant en sécurité. Il lança, affolé et excité par cette issue, comme un énième regain d'énergie :

"C'est l'enfer ici, l'enfer, je veux juste partir."

Il y avait dans sa voix la preuve de se regain d'énergie, mais pour autant, on sentait qu'à chaque instant, à chaque mot articulé, Tobias pouvait s'écrouler. Il fit quelques pas de côté, pour s'éloigner du bâtiment, et ne regardait même plus son sauveur. Il regardait sur le côté, gêné, timide, angoissé et terriblement nerveux.


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Hadrien Chevalier

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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Mar 18 Avr - 22:06

Hadrien regarda d'un œil critique le bâtiment duquel sortait le garçon. Cet immeuble, même s'il paraissait décrépi, devait abriter plusieurs personnes sans ressources. Hadrien pensa que sans la chance de ce soir et cet emploi providentiel qu'il avait obtenue, il aurait sûrement fini dans un endroit tel que celui-ci. En regardant de plus près les dégâts qu'avait causés le paumé, Hadrien souleva un sourcil.

« C'était une porte mon gars … Pas besoin de te mettre dans des états pareils … T'as l'air de tourner aussi rond que moi dit donc … »

Hadrien lui tourna le dos et commença à avancer.

« Je sais pas ce qu'il t'est arrivé là-dedans, mais essaie de ne pas pleurer jusqu'à qu'on sois à l'abri. C'est beaucoup trop voyant ... Même si dans ce quartier tu pourrais te balader couvert de sang de la tête au pied sans que personne ne te remarque, mais on va éviter les larmes de sang pour les humains okay ? C'est toujours suspect … »

Hadrien regarda l'écran de son téléphone et désespéra un peu plus. Il n'avait absolument pas le temps de finir sa commission pour Slaine. Et c'était très mauvais signe pour lui. Il irait s'excuser demain soir et subir les réprimandes multiples et diverses que lui ferait subir son créateur. Il commença à se rappeler la dernière fois où il l'avait vraiment mis en colère et un frisson lui parcourut l'échine. Mieux valait pour lui ne pas y penser maintenant …

« Franchement, je sais pas qui tu es, je vois bien que t'as pas l'air dangereux … mais tu vas m'en devoir une belle. Je vais me faire détruire par Slaine de pas être allé cherché son colis … Et je peux te jurer que c'est pas un rigolo mon Père … »

Il prévint ce dernier d'un SMS expliquant qu'il avait eu un imprévu et qu'il devait retourner à l'Elysium. Il remit son téléphone dans sa poche, prenant soin de le mettre en silencieux. Il éviterai ainsi de se faire déranger par les futurs appels de son créateur qui allait sûrement suivre son message.

« D'ailleurs il est ou le tien de Père ? Qu'est-ce que tu faisais tout seul enfermé dans un endroit pareil … Ta chasse a mal tournée ? J'espère que tu vas pas m'attirer d'ennui … J'ai pas envie d'avoir des problèmes avec Ambrosius. Ambrosius c'est le gars que je t'emmène voir. Il est plutôt cool, mais c'est un Prince donc fait gaffe. »

Le Malkavian se transformait parfois en vrai moulin à parole, sa curiosité prenant le pas sur sa réserve. Bien qu'il soit en générale assez timide et effacé en public, quand il était avec une personne isolée qui ne l'impressionnait pas, Hadrien pouvait se comporter normalement. Et là, le garçon qu'il venait de ramasser dans la rue était l'exemple même du type de personne qui ne le terroriserait pas.
Jetant un coup d'oeil à celui qu'il venait de relever, et remarquant son malaise, le garçon aux cheveux longs essaya d'être plus sympathique.

« Bon au point où on en est … et vu le temps qu'on va passer ensemble … Je m'appelle Hadrien … avec un H comme l'empereur. Alors si ça te pose problème … Garde-le pour toi, car moi j'aime mon prénom ... »

Il s'arrêta quelques secondes pour lui tendre une main hésitante en guise de salut standard. Ce n'est pas parce qu'il paraissait sûr de lui qu'il l'était. Hadrien était un éternel inquiet mais il se risqua à un petit sourire et entraîna le nouveau avec lui vers l'Elysium.

« Allé suis-moi.

Ici

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MessageSujet: Re: Boys don't cry   Jeu 27 Avr - 23:55

L'étudiant était terriblement nerveux. Il se tenait les mains qui étaient bardées de coupures, elles lui faisaient mal, s'était-il cassé quelque-chose ? Rien ne semblait se déplacer dans ses mains quand il les bougeait, ce qui lui redonnait un peu confiance. Ses sens reprirent un peu le dessus, même si ce poids qui pesait sur lui, qui l'étreignait, était présent en permanence, sans faillir. Quand il entendit son sauveur dire qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter, que c'était juste une porte, il ouvrit la bouche par réflexe, un léger son émis, informe, sortit de sa bouche, puis il prononça :

"Je..."

Mais il ne dit rien, il aurait bien voulu raconter cette chose qui le traquait dans les escaliers, de l'obscurité palpable qui l'étouffait... Mais non, il n'arrivait pas à mettre des mots dessus, il voulait transmettre sa terreur face à cet invisible, mais il n'y arrivait pas, son cerveau se fracassait contre un mur invisible, un mur qui rendait ce vécu indicible. De toute manière, il s'était déjà interrogé de l'objet de sa terreur, Tobias voyait cet homme s'avancer, mais quand il s'arrêta, Tobias détourna aussitôt le regard. Il l'écoutait attentivement, puis ses mains se glissèrent sur son visage quelques instants. Mais dans quel quartier était-il arrivé ? L'effervescence de cette soirée et la beauté d'Aïcha avaient été assez puissantes pour l'emmené là, dans cette zone malfamée ? Il ne s'était douté de rien. Il essuya les quelques larmes de peur et de douleur qui venaient encore à ses yeux et se redressa avec un flegme relatif. Il ne pouvait pas en effet gommer la douleur qu'il avait infligé à ses mains, la douleur se faisait de plus en plus vive au fur et à mesure qu'il reprenait ses sens. Il hocha la tête et poussa un "mhh mhh !" avant de s'éloigner un peu plus du bâtiment. Puis son sauveur lui adressa à nouveau la parole et finalement, le fait qu'il ne savait pas qui il était le rassurait un peu, se craintes se dissipaient légèrement. Ainsi, cet homme ne venait pas chercher Tobias Abraham précisément. L'avait-il croisé par hasard ? Etait-il là en fait que par une simple coincidence ? Mais alors pourquoi disait-il "je sais ce que tu es" auparavant ? Est-ce qu'il parlait du fait qu'il était asiatique ? Mais alors pourquoi se méfier du fait qu'il avait les yeux bridés ? Où alors il avait vu sa poitrine... mais elle était plaquée, quasiment invisible quand on ne savait pas qu'il s'y trouvait des seins développés.

Toutes ces réflexions se retrouvaient interrompues par son sauveur qui lui parlait à nouveau. Il lui posait des questions, auxquelles il mit un certain temps à répondre, réfléchissant et interprétant chaque mot :

"Moi mon père il... je ne sais pas, il voyage beaucoup entre la France et les Etats-Unis. Ma chasse ? Euh... c'est... j'avais rencontré une fille et je me suis retrouvé là-dedans, enfin... oui, c'est ça. Je me suis fait séquestré par cette tarée ! Elle m'a fait l'amour et... elle m'a même mordu tiens. Et puis elle m'a laissé là avec des poches de nutriments dans le frigo, enfin je crois que c'est ça."

Il pensait que la chasse était ce mot de noctambule pour dire drague. Le type qui était devant lui devait certainement être ce genre de garçon à séduire des filles à la chaîne, une différente par soirée, comme une sorte de sport. La séduction devait alors être une performance. Et si, finalement, il venait d'être "chassé" par cette Aïcha ? Il était alors une proie qu'elle avait eu un malin plaisir à séquestrer dans un squat délabré. Il se rendait compte alors à quel point l'envie de sexe des gens pouvait les rendre vraiment décérébré. Mais, bien qu'il écoutait attentivement cet homme, il ne percutait toujours pas son accent français à couper au couteau, ce qui lui aurait été bien utile, il savait mieux manier la langue de Molière que la langue de Shakespeare. Il se demandait ensuite si ce n'était pas trop tard pour aller rendre visite à quelqu'un qui n'était pas la police. Mais finalement, dans cet endroit malfamé, peut-être qu'elle n'avait pas le droit de venir. Est-ce que ce "Prince" était une sorte de chef de quartier ? Un genre de chef de gang ? Sa séquestration allait-elle se gérer "en interne" ? Dans quel milieu venait-il entrer ? Toutes ces questions bourdonnaient dans la tête de Tobias, et il était bien frustré de ne pouvoir y répondre, ni même d'avoir le courage de les poser à voix haute, il n'osait pas, la crainte lui avait complètement retiré l'envie de poser ce genre de question qui fâcherait son interlocuteur. Alors il releva ses yeux pour tenter de distinguer un peu mieux son sauveur, mais son regard croisa le sien alors il baissa les yeux de nouveau. Il commença les présentations, alors Tobias se fit un peu plus détendu. L'échange alors n'était plus impersonnel et savoir son prénom l'aidait à se sentir un peu mieux vis-à-vis de lui. Mais quelque-chose tiquait, empereur ne prenait pas de H ? Il répondit :

"Moi c'est Tobias, hum... non ça ne me pose aucun problème tu sais, enfin je ne suis pas royaliste mais enfin, je respecte tes opinions politiques tu sais, je suis quelqu'un d'ouvert je crois."

Tobias fit un petit sourire, sans avoir l'impression de taper à-côté. A vrai dire il détestait les royalistes, mais le fait d'être sauvé par quelqu'un qu'il prenait maintenant pour un royaliste lui permettait de reconsidérer la question. Enfin, le Prince finalement, peut-être que ça correspondait à ça, à une organisation d'ultra royaliste ? Il serait alors dans un quartier aux tendances politiques très marquées ? Enfin, quand Hadrien lui demanda de le suivre, il s'exécuta, curieux de voir ce que ce Prince et Hadrien lui réservaient, voulant résoudre le mystère d'Aïcha. Enfin, après quelques pas douloureux, il s'exprima en français :

"Ha ! Mais Hadrien l'empereur romain !
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